I. Éveil sensoriel, une part de l’éducation à ne pas négliger :

Depuis plus de 10 ans maintenant on constate une augmentation de l’obésité infantile, 19% des enfants sont touchés par l’obésité ou le surpoids (selon une étude OBépi 2007). Ceci s’explique par plusieurs facteurs dont le changement des habitudes alimentaires, une consommation croissante de plats préparés mais aussi par un manque d’éveil et d’attention sur un acte quotidien et récurrent : se nourrir.  La problématique est bien de retrouver le plaisir de se nourrir sainement.

Dès le plus jeune âge, l’enfant a besoin d’aide pour diversifier son alimentation, afin de grandir harmonieusement. Développer l’éveil sensoriel encourage sa curiosité, sa créativité et freine sa peur de la nouveauté.

L’éducation alimentaire permet également d’accepter les différences entre les individus. Pour les plus petits l’éducation alimentaire montre que pour chaque personne les sensations gustatives sont uniques  et  les aide à prendre conscience des différences d’appréciations, donc de se situer par rapport aux autres

Savoir goûter c’est :

  • Apprécier une multitude de saveurs donc accroître le plaisir de manger
  • Être à l’écoute de ses sens, de son corps et être conscient de ses choix
  • Choisir une alimentation diversifiée avec des produits plus sains pour faire être en bonne santé

Adopter une alimentation saine mais savoureuse permet de se donner du plaisir, de rester en bonne santé, de connaître son corps et son mode de fonctionnement. Il n’est donc pas présomptueux de penser que savoir goûter c’est savoir vivre.

 

II. Des résultats concluants :

Dés les années 90 certaines régions de France ont pu expérimenter un dispositif nommé « les Classes du Goût » (mis au point dès 1975 par J.Puisais) avec différentes étapes d’évolution l’éducation alimentaire est devenu un véritable enjeu de santé publique (décision OMS[1] en 1998).

Dés 2009, un programme de recherche piloté par l’INRA, nommé EDUSENS[2], a permis de montrer que l’éveil au goût des enfants par une éducation alimentaire ainsi qu’un apprentissage de la dégustation, entre autre, ont un impact positif principalement sur :

  • la diminution de la néophobie[3]
  • la capacité à décrire objectivement l’alimentation
  • leurs préférences alimentaires
  • les messages rapportés en famille sur l’équilibre alimentaire.

Ce premier bilan dresse un constat encourageant, et montre clairement l’intérêt de développer ces programmes dans les contextes notamment  de l’école & des cantines

 

III. Champ d’actions :

Mettre au point un programme  sur l’éveil sensoriel permet d’avoir une réflexion à plusieurs niveaux et d’agir sur différentes strates.

Tout d’abord, comme nous l’avons soulevé précédemment, l’éducation alimentaire fait partie intégrante de la construction de l’enfant, l’aide aussi à faire ses choix ou se positionner face aux autres. C’est également un biais fondamental d’informations pour les familles au niveau de l’alimentation, des spécialités, des recettes, des producteurs, des commerces…. En effet ce travail sur le goût a pour but de faire aussi découvrir le patrimoine local, de redonner aux plus jeunes quelques notions de saisonnalité et faire perdurer l’histoire gastronomique du département, donc de permettre le maintien de l’économie locale et le maillage des commerces de proximité.

Mener un projet sur l’éducation alimentaire auprès des scolaires permet d’allier santé publique et développement durable.



[1] Référence au premier plan d’action pour l’alimentation et la nutrition (http://www.euro.who.int/__data/assets/pdf_file/0013/120316/E74104.pdf)

[2] Résultats principaux de l’étude : http://www.eveilogout.com/eveil-o-gout/images/edusens-funfood.pdf

[3] Néophobie : comportement de rejet d’un enfant face à un aliment nouveau qu’il doit manger sans le connaitre.